Internet : vers la démocratie ou la dictature ?

Les conclusions de Rifkin sur la fin du capitalisme et l’émergence d’une économie plus communautaire ne font pas l’unanimité. Loin de là ! Certains voient dans l’Internet des Objets une idée séduisante mais fallacieuse. L’« Internet des Objets » nous conduira-t-il vers un monde plus démocratique, le monde des « prosommateurs » ou vers un monde plus autoritaire, quasi dictatorial où le capitalisme sera encore plus fort. Une analyse de l’histoire d’Internet peut nous faire conclure dans les deux sens. C’est ce qu’on va essayer de montrer à partir de la réflexion de Fred Turner. Sans pouvoir conclure, hélas, pour le futur !

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La nouvelle économie à coût marginal zéro : peut-elle renforcer l’ESS ?

Jeremy Rifkin a fait paraître en 2014 un nouvel essai qui développe quelques idées dérangeantes qui devraient susciter débat et polémiques comme ses précédents ouvrages. Son titre : « La nouvelle société du coût marginal zéro : L’internet des objets, l’émergence des communaux collaboratifs et l’éclipse du capitalisme ».

Selon l’auteur, le capitalisme est en train de disparaître lentement mais inévitablement. Un nouveau paradigme économique – les Communaux Collaboratifs – est en train de se développer dans son sillage et il transformera notre mode de vie. Nous assistons déjà à l’émergence d’une économie hybride. Les deux systèmes économiques travaillent souvent en tandem et parfois en concurrence. Ils cherchent et trouvent des synergies sur les périmètres de l’autre, Ils peuvent ajouter de la valeur à l’autre, tout en trouvant un bénéfice pour eux-mêmes. Sur certains aspects, ils sont profondément contradictoires et chacun essaie d’absorber ou de remplacer l’autre.

Bien que les signaux du grand passage à un nouveau système économique soient encore faibles, l’économie des communaux collaboratifs croît et, selon Rifkin, en 2050, elle sera prépondérante dans l’ensemble du monde. Le système capitaliste ne disparaîtra pas pour autant mais se cantonnera à des niches rémunératrices comme les réseaux.

Toujours selon Rifkin, ce qui mine aujourd’hui le système capitaliste, c’est sa réussite elle-même. La dynamique du capitalisme est fondée sur la concurrence qui stimule la productivité et tire les coûts marginaux vers le bas. Ce qui permet donc de réduire le prix des produits et services et de gagner des consommateurs et des parts de marché. [1]Les économistes ont toujours accueilli favorablement une réduction du coût marginal mais ils n’avaient pas prévu la possibilité d’une révolution technologique qui pourrait conduire à un coût marginal proche de zéro et à la fourniture de biens et services presque gratuits qui ne seraient plus soumis aux forces du marché.

On trouve la démonstration la plus évidente des conséquences du cout marginal presque nul dans la communication, la production de connaissances et l’édition. Aujourd’hui, chacun peut élaborer et mettre à disposition sa production d’information ou de biens culturels grâce à des outils peu coûteux et aux réseaux collaboratifs. Et l’industrie traditionnelle du livre, des journaux et du disque est en crise profonde.

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Rien n’a-t-il changé en 75 ans ?

« Si les gens d’aujourd’hui ne se sont pas convaincus du caractère fâcheux d’un système qui les a conduits de crise en crack, de faillite en révolte, de révolution en conflagration, qui gâte la paix, la rend affairée et soucieuse, qui fait de la guerre un cataclysme universel, presque aussi désastreux pour les vainqueurs que pour les vaincus, qui ôte son sens à la vie et sa valeur à l’effort, qui consomme l’enlaidissement du monde et l’abrutissement du peuple; si les gens d’aujourd’hui accusent n’importe qui des grands maux qui les accablent et en attribuent la cause à n’importe quoi plutôt qu’au développement de la machine, c’est qu’il n’est pas de sourd mieux  bouché que celui qui ne veut rien entendre.Il faut que la puérile admiration pour les brillants jouets qui les amusent; il faut que l’exaltation fanatique pour l’idole qu’ils se sont forgée et à laquelle ils sont prêts à sacrifier leurs enfants, leur ait tourné la tête et fermé les yeux à l’évidence pour qu’ils continuent d’espérer du progrès indéfini de la machine l’avènement de l’âge d’or. »

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